August Sander

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August Sander

Persécutés/persécuteurs, des Hommes du XXe siècle

Paris, Mémorial de la Shoah du 8 mars au 15 novembre 2018

De la mine aux Beaux-Arts de Cologne

August Sander naît le 17 novembre 1876 à Herdorf, près de Cologne. Fils de mineur, il quitte l’école pour l’exploitation minière en 1890. À 16 ans, il se procure son premier appareil photo et découvre un médium pour lequel il va rapidement se passionner.

En 1897, durant son service militaire à Trèves, il intègre un studio photo en tant qu’assistant. Il poursuit son apprentissage entre Berlin, Magdebourg, Halle, Leipzig et Dresde, puis s’installe à Linz, en Autriche, où il se met à son compte en 1904 en tant que photographe professionnel.

Marié et père de quatre enfants, il rejoint ses parents à Cologne en 1910 où il va ouvrir son atelier de portraitiste professionnel, au 201 rue de Düren. Enrôlé dans l’armée en 1914, c’est Anna Sander, son épouse, qui dirigera seule l’atelier jusqu’en 1918.

Pacifiste et socialiste, profondément marqué par les atrocités de la Première Guerre mondiale, August Sander va poser un nouveau regard sur ses portraits de paysans d’avant-guerre. Refusant d’adhérer aux flous artistiques qui subliment à l’époque les photos d’art, il choisit au contraire d’accentuer les contrastes clairs-obscurs qui font ressortir les marques du travail agricole sur les visages et les mains de ses modèles.

Au début des années vingt, Sander se rapproche d’artistes liés aux avant-gardes de Cologne comme Franz Wilhelm Seiwert et Heinrich Hoerle, à l’origine du mouvement des Progressistes (Die Progressiven) de Cologne. Ces fréquentations, mêlées aux conversations politiques qu’il échange avec son fils, Erich Sander, et les amis de celui-ci, vont influencer l’idée directrice de son travail.

August Sander apparaît pour la première fois sur la scène publique en 1927, avec une exposition de plus de 100 photographies à la société Beaux-Arts de Cologne(Kölnischer Kunstverein) qui reçoit un franc succès. L’accueil enthousiaste de sa première publication Visage d’une époque (Antlitz der Zeit) en 1929 l’encourage également à poursuivre son projet.

À découvrir dans l’exposition : une sélection de photographies représentant le milieu artistique dans lequel évoluait August Sander ainsi que des portraits issus de l’ouvrage Visage d’une époque.

August Sander face au nazisme

Loin des images d’exaltation aryenne et du mythe du surhomme, la grande variété des portraits réalisés par August Sander et des expressions souvent austères des visages photographiés reflètent la dure réalité sociale, ce qui va largement à l’encontre des principes fondamentaux du régime nazi. 

En 1936, l’ouvrage Visage d’une époque est interdit de publication par le régime national-socialiste et les plaques photographiques sont détruites. En 1939, le début de la guerre va pousser August Sander à s’établir dans le Westerwald, emportant avec lui 10 000 négatifs pour les mettre à l’abri. Un incendie détruira les 30 000 autres pièces restées dans sa cave de Cologne en 1946.

Fidèle à son projet et à son travail de catalogage de la société allemande contemporaine, August Sander va également photographier des membres de la SA, de la SS et des Jeunesses Hitlériennes. Mais sur ces photographies, les poses, les regards et les sourires parviennent souvent à faire oublier les fonctions. Ce ne sont pas seulement des officiers SS ou des nazis que l’on observe sur ces portraits, ce sont des Hommes.

À la fin de la guerre, August Sander décide d’intégrer aux Hommes du XXe siècle les portraits de ces nazis en uniformes, au même titre que les photos des « Prisonniers politiques » de son fils Erich ou que la série de portraits des Juifs de Cologne.

En rassemblant ces portraits de « persécutés » et « persécuteurs », August Sander redonne une place au sein de la communauté du peuple allemand à ceux que l’Allemagne nazie avait tenté de déshumaniser. Acteurs et victimes d’une idéologie laissent leur empreinte sur le siècle et sur leur pays.

À découvrir dans l’exposition : douze portraits de membres du Parti national-socialiste (soldats, officiers, SS ou encore membres des Jeunesses hitlériennes), réalisés principalement au début des années 1940.

Mémorial de la Shoah

17, rue Geoffroy l’Asnier
75004 Paris
Site web >

2.-August-Sander-Soldier-c.1940

 

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